Aller au contenu
prix dukWh

De quoi est composé le prix de l’électricité ?

Mis à jour le 7 juillet 2026

En bref

Le prix du kWh d’électricité se décompose en quatre postes : la fourniture d’énergie, l’acheminement sur les réseaux (le TURPE), l’accise sur l’électricité et la TVA. Sur le tarif réglementé (Tarif Bleu, option Base, compteur 6 kVA) en vigueur depuis le 1ᵉʳ février 2026, la fourniture pèse environ 53,8 % du prix TTC du kWh, l’acheminement 13,7 %, l’accise 15,9 % et la TVA 16,7 %, soit 32,6 % de taxes au total. À ce prix du kWh (la part « consommation ») s’ajoute un abonnement fixe. Voici, poste par poste, à quoi correspond chaque euro, qui le perçoit et à quoi il sert.

Deux parts : abonnement et consommation

Une facture d’électricité additionne deux choses de nature différente. L’abonnement est une part fixe, due quelle que soit votre consommation : il couvre l’accès au réseau et la mise à disposition d’une puissance. La consommation est la part variable : vos kilowattheures (kWh) réellement soutirés, multipliés par le prix du kWh.

L’abonnement dépend de la puissance souscrite, exprimée en kilovoltampères (kVA), de 3 à 36 kVA. Plus la puissance est élevée, plus l’abonnement est cher, mais plus vous pouvez faire fonctionner d’appareils simultanément. Au Tarif Bleu, l’abonnement d’un compteur 6 kVA en option Base s’élève à 187,80 € par an (grille EDF Tarif Bleu en vigueur depuis le 1ᵉʳ février 2026).

La décomposition qui suit porte sur le prix du kWh consommé, la part variable. Les pourcentages cités sont ceux du prix TTC du kWh au Tarif Bleu, option Base.

1. La fourniture d’énergie (≈ 53,8 %)

C’est le poste le plus lourd du prix du kWh : environ 53,8 % du prix TTC. Il rémunère tout ce qui permet de produire l’électricité puis de vous la vendre : le coût de l’énergie sur les marchés de gros et le parc de production, la garantie de capacité (disposer de moyens de production mobilisables aux heures de pointe), ainsi que les coûts de commercialisation du fournisseur (gestion des contrats, facturation, service client) et sa marge.

C’est la seule composante sur laquelle les fournisseurs se font réellement concurrence : l’acheminement et les taxes sont, eux, identiques d’un fournisseur à l’autre. Les écarts de prix entre offres viennent donc essentiellement de cette part fourniture.

Source : décomposition du prix TTC du Tarif Bleu dérivée de l’empilement des coûts publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE, open data « Construction des TRVE, 1ᵉʳ semestre 2026 »).

2. L’acheminement sur les réseaux : le TURPE (≈ 13,7 %)

Environ 13,7 % du prix du kWh couvre le transport et la distribution de l’électricité, facturés via un tarif réglementé appelé TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité). Ce montant ne va pas au fournisseur : il rémunère les gestionnaires de réseaux.

RTE exploite le réseau de transport à haute tension, les grandes lignes qui relient les centrales aux régions. Enedis exploite le réseau de distribution basse et moyenne tension qui arrive jusqu’à votre compteur, sur environ 95 % du territoire. Le TURPE finance l’entretien, le renouvellement et le développement de ces réseaux, ainsi que le relevé des compteurs.

Le TURPE est fixé par la CRE et identique pour tous les fournisseurs. Dans l’empilement CRE du 1ᵉʳ semestre 2026, sa part variable représente environ 20 % du prix hors taxes du kWh (26,37 €/MWh sur un total variable HT de 130,07 €/MWh).

3. L’accise sur l’électricité, ex-TICFE (≈ 15,9 %)

L’accise sur l’électricité, anciennement TICFE (taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité), est une taxe perçue par l’État sur chaque kWh consommé. Elle représente environ 15,9 % du prix TTC du kWh au Tarif Bleu.

Son montant est fixé en euros par mégawattheure, indépendamment du prix de l’énergie. Pour les particuliers (tarif « ménages »), il s’établit à 30,85 €/MWh, soit 0,03085 € par kWh, depuis le 1ᵉʳ février 2026 (délibération CRE 2026-06 du 14 janvier 2026). Ce tarif avait été fortement abaissé pendant le bouclier tarifaire, puis relevé par étapes.

Comme elle est fixe par kWh, l’accise pèse proportionnellement plus lourd quand le prix de marché de l’énergie est bas, et moins lourd quand il est élevé.

4. La TVA (≈ 16,7 %)

La TVA s’applique par-dessus les autres postes. Elle représente environ 16,7 % du prix TTC du kWh, ce qui correspond à un taux de 20 % appliqué au prix hors taxes (20 % de la base HT équivaut à 16,7 % du prix TTC).

Deux taux de TVA coexistent sur une facture d’électricité : l’abonnement relève du taux réduit de 5,5 %, tandis que la consommation et l’accise relèvent du taux normal de 20 %. Les pourcentages présentés ici portent sur le prix du kWh consommé, donc au taux de 20 %.

La TVA est reversée à l’État. Elle est calculée sur un montant qui inclut déjà l’accise : c’est, pour partie, une taxe assise sur une autre taxe.

Option Base ou Heures Pleines / Heures Creuses ?

En option Base, le prix du kWh est unique toute la journée. En Heures Pleines / Heures Creuses, le kWh est plus bas pendant les heures creuses (souvent la nuit) et plus élevé en heures pleines ; l’abonnement, lui, est un peu supérieur à celui de l’option Base.

Quelle que soit l’option, la structure des quatre postes reste la même : seule la part fourniture varie selon l’heure. L’intérêt de l’option HP/HC dépend de la part de votre consommation que vous pouvez décaler vers les heures creuses.

Agir sur sa facture : ce que vous pouvez ajuster

Sur ces quatre postes, vous n’avez pas de prise directe sur trois d’entre eux : l’acheminement (TURPE), l’accise et la TVA sont réglementés et identiques quel que soit le fournisseur. Seule la part fourniture varie d’une offre à l’autre.

Deux leviers restent à votre main. D’abord la puissance souscrite (kVA) : une puissance surdimensionnée alourdit l’abonnement sans utilité, l’ajuster à vos besoins réels allège la part fixe. Ensuite le volume consommé (le nombre de kWh), sur lequel jouent vos usages et l’efficacité de vos équipements.

Pour comparer deux offres objectivement, ramenez toujours tout à deux chiffres : le prix du kWh TTC et l’abonnement annuel, à puissance et option identiques. C’est la seule façon de mettre deux contrats sur un pied d’égalité, puisque acheminement et taxes y sont, eux, strictement les mêmes.

À lire aussi